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INTERVIEWS

  • Cannes - World Film Festival - Remember the Future

INTERVIEW AVEC XINYUAN CHEN, RÉALISATEUR & SCÉNARISTE DE "PLEASE NOT BE MY MOM"

Winner: Best Family/Children Film - Édition Août 2021




BIO


XINYUAN CHEN

RÉALISATEUR & SCÉNARISTE


Bill Mudge, Director & Co-Producer

XINYUAN CHEN


Étudiant diplômé en cinéma à l'Université baptiste de Hong Kong.

Réalisateur, directeur de la photographie, scénariste, monteur.




INTERVIEW



Bonjour Chen Xinyuan. Qu'est-ce qui vous a poussé à étudier le cinéma ?


En premier cycle, j'ai étudié la finance, mais je ne m'y intéressais pas vraiment. Je l'ai choisie parce que je n'avais pas obtenu de bons résultats au Gao kao (examen d'entrée à l'université chinoise) et que je n'avais donc pas trop le choix. Ne parlons pas encore de "cinéma", mais commençons par "image". Au cours de mes années de lycée, je trimballais en cachette un appareil photo "point-and-shoot" pour enregistrer tout ce qui était cool à l'école ; j'ai appris tout seul à monter les images pour en faire des vidéos.


Plus tard, à l'université, je me suis lié d'amitié avec un étudiant en médias, Chen Jian. En fait, c'est lui le "guide" qui m'a conduit sur le chemin du cinéma. Il m'a appris le montage, a tourné de nombreuses petites vidéos avec moi. Nous avons même fondé un atelier média. Pour être honnête, je n'ai pas une personnalité patiente, je ne fais preuve d'aucune persévérance et je ne suis pas non plus du genre à étudier. La plupart du temps, j'ai tendance à abandonner à mi-chemin. Cependant, à ma grande surprise, je n'ai jamais abandonné ce qui était lié à l'image (je ne pouvais pas parler de cinéma à ce stade). J'avais besoin de rester en contact avec elle et de continuer à apprendre. J'avais l'impression que quelque chose me murmurait : "Filmer sera indispensable pour le reste de ma vie." J'ai finalement décidé d'obtenir un master, et j'ai choisi le cinéma comme matière principale.


Au cours du deuxième semestre de ma quatrième année à l'université, j'ai accidentellement - et heureusement - rejoint un groupe de spectacles de variétés et suis devenu l'un des réalisateurs stagiaires. Bien que ce soit différent du cinéma, j'ai rencontré de nombreux amis pendant les trois mois passés dans le groupe. Je pensais que je n'étais qu'un stagiaire et que je n'aurais pas le droit de m'exprimer.

Mais personne, parmi tous les dirigeants et collègues que j'ai rencontrés, ne m'a traité comme un stagiaire mineur ; au contraire, ils ont écouté attentivement mon opinion, suivi mes conseils. Aujourd'hui encore, je leur suis très reconnaissant de m'avoir tendu une main secourable, à l'époque de mes débuts de réalisateur, et de m'avoir aidé à acquérir une sorte de confiance profondément ancrée.


Peu de temps après, j'ai été recruté par l'Académie du cinéma de l'Université baptiste de Hong Kong, ce qui a marqué le début de mon apprentissage du cinéma.





Quel est votre premier souvenir du cinéma ?


Je pense que j'ai commencé à apprendre le cinéma pendant mes études universitaires, lorsque avec mon ami j'ai tourné, un peu "arrogant", une histoire d'amour de 60 minutes. Quand j'y repense maintenant, le film était vraiment mal produit, mais je dirais que pour la première fois j’ai réalisé ce qu'est le cinéma et que tourner un film n'est pas chose facile... Dans ce film, j'ai porté plusieurs casquettes, en tant qu'acteur principal et réalisateur ; c’est presque incroyable que j’aie pu traiter un tel film à l'époque... Il n'y avait pas de directeur artistique, pas d'assistant réalisateur, pas de producteur... Je croyais qu'il suffisait d’avoir un réalisateur et un chef opérateur pour faire un film.


Bien sûr, je n'ai réalisé qu'après une longue période de temps qu'il n'y avait pas de progression de scènes, pas de direction artistique. Il n'y avait aucune conception, aucun esprit de mise en scène dans ce soi-disant film de 60 minutes, et il s'agissait simplement d'un assemblage brut d'images. Mais c'est grâce à cette expérience précieuse que j'ai compris ce qu'est l'art cinématographique authentique. Difficile d'imaginer que le film dont j'étais si fier a même été diffusé dans mon université...

Qu'est-ce que cela signifie de faire des films aujourd'hui en Chine ?


Aujourd'hui, la barre d'entrée pour être "réalisateur" en Chine est vraiment basse. Il suffit d'avoir un iPhone 13, et n’importe qui peut filmer une courte vidéo et être appelé "réalisateur". De plus, la popularité des vidéos courtes sur Tik Tok attise la concurrence.


Dans la Chine d'aujourd'hui, tout le monde peut faire des films, comment peut-on se démarquer et être reconnu ? C'est une bonne question, à laquelle il faudra réfléchir longtemps.





Votre mère a dû voir votre film. Comment l'a-t-elle vécu, quel impact a-t-il eu sur votre relation ?


Le plus important était de filmer ce que je voulais exprimer, en fait je n'attends pas de ma mère qu'elle change, d'une manière ou d'une autre. La majorité des parents traditionnels en Chine sont comme elle, et un seul film peut difficilement changer cela.


Après avoir vu le film, ma mère n'a rien dit. Mais je sais qu'elle a compris, car j'ai aperçu les larmes au coin de ses yeux.





Quel est votre cinéaste préféré, et pourquoi ? Des films ou des genres préférés ?


J'aime David Lynch et son film "Mulholland Drive" m’a profondément impressionné. David Lynch démontre une grande capacité de production cinématographique, il maîtrise tout, de la réalisation à la photographie en passant par la conception audio, ce qui est également mon objectif.


Pouvez-vous nous parler de vos futurs projets cinématographiques ?


En ce moment, je prépare mon design de fin d'études, j'aimerais que mon travail soit plus mature et affiche davantage mon propre style, j'aimerais aussi que ce court-métrage puisse vraiment m'ouvrir la voie de la production cinématographique.


Quelle est votre vision du cinéma post-Covid, pensez-vous qu'il y aura des changements importants ?

Lorsque l'épidémie a éclaté, les cinémas chinois étaient complètement fermés, et chacun ne pouvait que rester chez soi pour regarder des films. Maintenant que les cinémas chinois ont rouvert, je pense que c'est une toute nouvelle opportunité pour les créateurs de films. Davantage de personnes seront désireuses d'entrer dans les salles de cinéma, mais dans le même temps, elles auront des exigences plus élevées en matière de qualité des films.




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