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  • Cannes - World Film Festival - Remember the Future

INTERVIEW AVEC MESHAUN LABRONE, RÉALISATEUR DE "SPOOK"

Winner: Best Actor in a Feature Film

Nominé: Best Drama Film

Édition Janvier 2021





BIO


Acteur, écrivain, producteur et musicien reconnu, ce ne sont là que quelques-uns des titres portés par Meshaun Labrone, résident de Washington D.C.


Né et élevé dans le sud de la Floride, plus précisément à Miami, Meshaun Labrone a notamment passé 11 ans en tant qu'agent pénitentiaire pour l'État de Floride et en tant que marshal adjoint spécial.


En outre, il a également travaillé sur l'affaire de la disparition de Relisha Rudd alors qu'il était agent de la police métropolitaine à Washington, DC.


M. Labrone a toujours eu une passion pour les arts du spectacle et a obtenu une licence en beaux-arts de la Florida International University (FIU) en 2005. Cet amour pour le théâtre et les arts l'a amené à écrire, à mettre en scène et à jouer dans un certain nombre de spectacles au cours de sa carrière.


L'un des spectacles les plus remarquables est son rôle du grand rappeur Tupac Shakur ; Labrone a écrit ce spectacle dans le cadre de son projet de fin d'études à la FIU en 2004. Ce one-man show a rapidement acquis une reconnaissance internationale et Labrone a été invité à se produire au "Tara Theatre", Off-West End à Londres.


Une autre réalisation notable de l'acteur est son spectacle "POWER ! Stokely Carmichael" qui a été joué au Smithsonian National Museum of African American History and Culture's Oprah Winfrey Theater à guichets fermés, en 2017 et 2018.


N'étant pas du genre à se laisser enfermer, Labrone a également eu des rôles au cinéma et à la télévision qui l'ont collectivement promu membre du syndicat SAG-AFTRA. L'exploration des arts ne s'arrête pas là, puisque Labrone a continué à explorer son amour pour la musique - de la création d'une bande sonore pour sa série web "Spook" à la sortie de son premier single en 2019, intitulé "River of Deceit".


Labrone est passionné par tout ce qui touche à la communauté et le don de soi, quand il n'écrit pas ou ne joue pas, Labrone consacre son temps au mentorat d'étudiants dans la région de Washington D.C et a dirigé des ateliers de théâtre pour les étudiants universitaires de la région.





Merci Meshaun Labrone pour ce film époustouflant. Comment vous est venue l'idée de passer d'une pièce de théâtre à un film ?


Je voulais reprendre l'idée de la pièce et la mettre en scène pour toucher un public plus large.


La version filmée est plus courte que la version scénique, que nous n'avons malheureusement pas encore eu l'occasion de voir. Comment le changement de durée s'est-il opéré d'une forme à l'autre ? Était-ce un choix ? A-t-il nécessité une réécriture ?


La pièce dure environ 60 minutes et le film dure maintenant environ 1 heure et 1 minute. Les changements de durée ont beaucoup à voir avec les éléments visuels que nous avons ajoutés pour raconter l'histoire. De plus, ma performance dans la pièce était plus erratique. Je l'ai abordée comme si le personnage était à court de temps. Il se souciait du temps qui passait. L'approche dans ce film est plus centrée. La plupart des vrais tueurs sont centrés et ne se soucient pas du temps ou de quoi que ce soit. Ils sont concentrés sur ce qu'ils ont à faire.





Il semble y avoir une sorte d'"avantage" dans la forme filmique, en termes de restitution de l'apparition en direct à la télévision par exemple. Votre récit a-t-il bénéficié d'un avantage quelconque en étant raconté au cinéma ?


La possibilité de montrer plus de visuels et d’apporter plus de design sonore a vraiment aidé à élever et à développer le sens profond de l'histoire.


Le film semble vouloir aborder toute l'étendue des relations très problématiques entre les forces de police et la communauté afro-américaine aux États-Unis. Il est extrêmement dense et "actuel". Comment espérez-vous contribuer aux conversations en cours sur ce sujet crucial, dans une société désormais post-Trump ?


J'espère apporter de l'équilibre. La gauche a des exigences extrêmes, comme « Defund the police » (Arrêtez de financer la police, ndlt). La droite crie "Ce sont tous des criminels". Au milieu, il y a les Noirs. Il y a beaucoup de Noirs dans les forces de l'ordre et il y a des Noirs qui font partie des milieux criminels. Ce que nous voulons, c'est la liberté, la justice et l'égalité. Les deux extrêmes font vraiment du mal aux Noirs et à la nation dans son ensemble.




Le design sonore est étonnant, faisant du son l'autre personnage principal de votre histoire. Pouvez-vous nous parler de cet aspect de votre film ? Aviez-vous des effets sonores aussi présents dans la version scénique ?


Le concepteur sonore/musical, Devin Spear, est extraordinaire. Nous avons travaillé ensemble en studio et il a étudié le film et créé la musique, scène par scène. Il s'est adapté à mon rythme et à mes émotions. Il a essentiellement déclaré que cet autre personnage principal était toujours là. Devin lui a donné vie.


Pouvez-vous nous parler de votre expérience en tant qu'officier de la police militaire et des services correctionnels de l'État ? Comment avez-vous décidé de changer de métier et de raconter l'histoire d'un initié, de l’intérieur ? Par ailleurs, quelle a été votre formation d'acteur et de metteur en scène ?


Mon expérience au sein du Metropolitan Police Department et des services correctionnels de l'État a été avant tout un apprentissage. Douloureux à bien des égards, mais aussi gratifiant chaque fois que j'ai pu aider mes concitoyens. Je suis acteur professionnel depuis 2000, et ce projet marque mes débuts en tant que metteur en scène. J'espère continuer de réaliser à l'avenir.




Bien que votre sujet concerne expressément la société états-unienne, pensez-vous, ou même espérez-vous, que votre film contribuera à engager des conversations au-delà des frontières ? Bien que nous entendions beaucoup parler de la suprématie blanche et des abus policiers aux États-Unis, le problème ne se limite pas à votre pays. Avez-vous eu des retours d'autres endroits dans le monde ? Par ailleurs, avez-vous vu des films réalisés par des cinéastes d'autres pays, portant sur les mêmes sujets ? Par exemple, l'épisode "Red, White and Blue" de la série "Small Axe" de Steve McQueen, sortie fin 2020 ?


La suprématie blanche est mondiale et elle s'est insinuée dans tous les domaines de l'activité humaine : économie, éducation, divertissement, santé, travail, droit, politique, religion, sexe et guerre. Nous devons faire notre part en tant qu'artistes pour en débarrasser la planète et instaurer la justice dans le monde. J'admire Steve McQueen et j'espère le rencontrer bientôt. Je n'ai pas vu "Red, White and Blue », mais le titre me dit que je pourrais beaucoup l'apprécier.



Opinion personnelle sur le cinéma post-covid :


"Ma vision d'un cinéma post-Covid est qu'il sera plus facile pour les réalisateurs indépendants de faire voir leurs films à un public plus large. Les médias sociaux et les plateformes de streaming ont nivelé le terrain de jeu. J'espère que cela va continuer. Il y a de grandes histoires qui attendent d'être vues par les gens."




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