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INTERVIEW AVEC KAT CONWAY, SCÉNARISTE, PRODUCTRICE & RÉALISATRICE DE "ME, MY MEDS & MOTHER"

Nominée: Best Indie Short - Édition Juin 2021




INTERVIEW



Bonjour Kat Conway. Racontez-nous comment vous êtes devenue réalisatrice.


Ma grand-mère a quitté l'Irlande pour travailler comme actrice de films muets dans les années 1920, mon père a construit des plateaux de tournage et ma mère (née à Hollywood) a joué dans des films en tant que danseuse professionnelle. Mon professeur à l'université a quitté son poste pour me représenter à Hollywood car, apparemment, j'avais un don pour la comédie !


Votre note d’intention mentionne que votre approche du court métrage a changé avec le temps. Quelle est, à votre avis, la fonction du court métrage dans le cinéma en général ?


Le court métrage est un merveilleux moyen de se mettre en valeur en tant que scénariste, réalisateur et producteur accompli. En ce moment, je travaille sur un documentaire basé sur l'histoire vraie et poignante d'une prison de guerre du Sud-Vietnam, avec l'intention de trouver un financement pour un long métrage, en tant que réalisatrice débutante, avec une sortie commerciale au cinéma. Les courts métrages sont une voie méritoire et puissante pour financer un film ou travailler comme réalisateur et/ou producteur sur d'autres films.




Le premier titre que nous voyons à l'écran est Me, My Meds & Mother - Based on Actual Events (“inspiré de faits réels”). Qu'est-ce qui a inspiré cette merveilleuse histoire ?


Galvanisée par mes années de formation dans l'industrie du cinéma et par les cinéastes primés par l'Académie avec lesquels j'ai travaillé, je vois la vie réelle comme un film. Par exemple l'autre jour, en me promenant sur la plage, j'ai remarqué trois jeunes gens en combinaison de plongée qui faisaient de l'apnée. L'un d'eux s'est soudainement levé et a crié "Je l'ai trouvé!", alors qu'une vague s'écrasait doucement sur lui, en brandissant l'iPhone de son ami ! Cela ferait une publicité Apple très amusante, non ? Voici une famille avec une relation mère-fille fascinante et compliquée, que beaucoup de femmes connaissent. Chaque jour, j'avais l'impression d'entrer dans le décor de Tendres Passions ou de Vol au-dessus d’un nid de coucou. J'étais absolument obligée de transcrire chaque moment de vécu et de faire de cette histoire un scénario de long métrage. Quelque chose me poussait à le faire, et il a fallu trois ans pour l'écrire. Plus de dix ans plus tard, je voulais aller au Festival de Cannes, auquel on ne peut assister que si l'on a un film inscrit. On m'a suggéré de réduire le scénario à un court métrage, en deux jours, tourné en trois jours, et j'ai inscrit mon tout premier film au Festival de Cannes, sans le savoir, l'année où il a été fermé pour cause de Covid, à la dernière minute, à la dernière heure, de l'acceptation ! Par la suite, j'ai participé au fabuleux Cannes World Film Festival ! Mon petit court métrage a remporté plus de 35 prix cinématographiques. Ça fait du bien !





Vous avez réussi à montrer beaucoup d'intimité à l'écran, sans provoquer de malaise à aucun moment, bien que les personnages de la mère et de la fille ne cessent de franchir la ligne. Quelle est la réflexion, le processus derrière cette prouesse ?


Des répétitions, des répétitions et encore des répétitions !


En tant que metteur en scène débutant et ancienne actrice, quelle est votre approche de la direction d'acteurs ? Y a-t-il eu un défi à relever ? Quelle importance accordez-vous à cet aspect particulier de la tâche du metteur en scène ?


Je possède des dons intuitifs qui font de moi quelqu’un de sociable. Actrice de formation, je respecte et comprends le processus de l’acteur chevronné, tout en sachant soutenir un interprète débutant. De plus, en travaillant avec des acteurs et des réalisateurs accomplis, récompensés par un Oscar, j'ai intégré beaucoup de choses à mes débuts de réalisatrice.





Vous avez travaillé avec un budget assez serré. Après des années d'expérience dans la production, qu'avez-vous appris, et que saviez-vous déjà faire et ne pas faire pour produire votre propre film ?


Ce n'est qu'en 2019 que l'on m'a encouragé à revenir dans l'industrie et j'ai pensé qu'il me manquait quelque chose, alors j'ai engagé une société de production de films à petit budget pour m'aider. A la clé… une cascade d'erreurs qui aurait dû être tournée comme un autre film, comique celui-là. Deux jours avant le début du tournage, je n'avais toujours pas de nouvelles du département des accessoires, du décorateur ou du producteur délégué, donc pas de feuilles de planning. Le co-producteur a trébuché sur les câbles du plateau (à éviter… une de premières choses que l'on apprend en travaillant sur des tournages), il a oublié d'engager le caméraman le troisième jour, puis a décidé de jouer au caméraman… mais sans pellicule dans sa caméra chic !


J'étais dévastée d’avoir perdu les images, mais comme le dit si bien le réalisateur Ron Howard : "Chaque film vous brise le cœur, à un moment ou à un autre". C'est alors que j'ai décidé qu'il n'y avait plus qu'à finir le travail, j'ai porté une dizaine de casquettes, en plus de diriger dix scènes par jour, et j'ai dormi sur le plateau ! Imaginez la tête que j'ai faite quand ils m'ont demandé de m’occuper aussi du catering !


Si j’ai autant de crédits au générique, c’est parce que ces producteurs étaient incompétents ! Cela m’a permis de me rendre compte que j’étais totalement équipée pour faire le travail ! Si quelqu'un vous demande : "Qu'est-ce qu'un producteur délégué ?", c'est là que vous savez que vous avez des problèmes - très différent d'un producteur créatif.


Pensez-vous que vous aurez envie de produire à nouveau les films d'autres réalisateurs, après ce premier tournage en tant que cinéaste ?


C'était en effet mon premier film en tant que réalisatrice et scénariste. En tant que cinéaste expérimenté, j'ai produit d'autres films et travaillé sur d'innombrables tournages, comme actrice ou membre de l'équipe. Tant que le film est déjà financé et que je suis bien payée, je serai heureuse de réaliser ou de produire tout projet auquel je me sens connectée.

J'ai été agréablement surprise de découvrir à quel point j'avais du plaisir à réaliser, et j'adore ça ! Avec toutes mes années d'expérience en tant qu'actrice, productrice et maintenant réalisatrice, en ayant travaillé aux côtés de réalisateurs et de producteurs emblématiques tels que Larry Cohen, Sir Lew Grade, Jim Cameron, et bien d'autres, je sais pouvoir apporter une richesse d'expérience et d'équilibre à tout projet de film, en tant que réalisatrice, co-réalisatrice, productrice ou co-productrice ! Sans oublier que je suis une grande spécialiste des marshmallows chocolat fondu-sel-poivre !


Quelle est votre vision du cinéma post-Covid, pensez-vous qu'il y aura des changements importants ?


Le cinéma post-covidien a ouvert une nouvelle ère pour les cinéastes, rendant beaucoup plus acceptable la projection de leur film, le passage du tapis rouge, partout dans le monde, le tout en ligne !



BIO


Kat Conway

SCÉNARISTE, PRODUCTRICE & RÉALISATRICE






Réalisatrice, scénariste, productrice de films, productrice exécutive, productrice associée, ancienne actrice et mannequin, Kat Conway est PDG et directrice des affaires commerciales de ChiffonFilms.com en association avec American Film Pictures.

Sa longue carrière au cinéma lui a permis de travailler en étroite collaboration avec des producteurs, des réalisateurs, des scénaristes et des acteurs de séries B ou oscarisés tels que James Cameron, Jamie Lee Curtis, Larry Cohen, Martin Sheen, l'icône du cinéma Sir Lew Grade et bien d'autres. Dès ses débuts, Conway a joué ou est apparue dans des films, sur scène, à la télévision et a acquis son sens des affaires en travaillant comme assistante de direction auprès de cadres supérieurs de grands studios tels que Sony Pictures, Paramount Pictures, Universal Pictures, Raleigh Studios, Warner Brothers Entertainment, The Walt Disney Studios, 20th Century Fox et Writers Guild of America.





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